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Le prétraitement manuel peut exposer les opérateurs aux risques biologiques et chimiques. La protection du personnel en charge de cette étape est indispensable1. Des équipements de protection individuelle (EPI) sont utilisés : blouse imperméable ou tablier plastique à usage unique, gants à manchettes longues et lunettes de protection. Le port du masque est également recommandé.
Le personnel doit être averti des risques liés à cette étape et formé à l’application des précautions à observer. En particulier, la procédure concernant la conduite à tenir en cas d’AEV (Accidents d’Exposition aux Virus) doit être affichée.

Les produits de prétraitement, aussi appelés produits de pré-désinfection, sont des détergents désinfectants. Ce sont des Dispositifs Médicaux de classe IIa3,4 ; ils doivent disposer du marquage CE.

Les formulations des produits utilisés font intervenir de nombreux composants : tensioactifs, enzymes protéolytiques, biocides, inhibiteurs de corrosion, complexants, agents anti-mousse…

  • Ils ne doivent pas contenir d’aldéhydes ni de substance connue pour fixer les protéines2.
  • Leur composition chimique doit minimiser l’impact sur l’environnement et sur l’homme.
  • L’absence d’odeur ou une odeur agréable sont importantes pour favoriser l’acceptation du produit par les utilisateurs.
  • Ils doivent être compatibles avec les DMR et ne pas provoquer leur altération (corrosion, tâches…).

Les normes de désinfection applicables dépendent du type d’activité revendiqué (bactéricide, fongicide, virucide et mycobactéries). L’efficacité sur les micro-organismes doit être obtenue sur une durée acceptable à température ambiante, soit maximum 15 min à 20 °C. Le produit doit être stable à la concentration et température d’utilisation. Il faut vérifier que les essais ont bien été réalisés avec de l’eau dure, dans les conditions habituelles d’utilisation. L’efficacité détergente est primordiale mais difficile à apprécier du fait de l’absence actuelle de normes sur la détergence.

Activités sur les micro-organismes conventionnels et normes applicables

Activité Normes applicables
Bactéricide
  • NF EN 1040
  • NF EN 13727
  • NF EN 14561
Fongicide
  • NF EN 1275
  • NF EN 13624
  • NF N 14562
Virucide
  • NF EN 14476
    L’activité virucide n’est pas exigée mais si elle figure dans le dossier technique d’un produit, elle sera prise en compte.
Mycobactéries
  • NF EN 14348
    Elle n’est pas obligatoirement recherchée, mais peut être un critère de choix pour certains établissements, en fonction de l’évaluation des risques encourus.

Le conditionnement du produit de prétraitement doit permettre une utilisation facile : sachets monodoses, doses hydrosolubles, bidons avec pompe doseuse ou centrales de dilution automatique permettant de délivrer le produit de prétraitement à la concentration choisie quel que soit le volume.

Les précautions d’emploi indiquées par le fournisseur, conditions d’utilisation, conditions de stockage, date limite d’utilisation et mesures de protection doivent être respectées. Sauf indications prévues par le fabricant, le mélange des produits est à proscrire.

Il est conseillé de repérer par une jauge ou marque sur le bac de trempage le niveau de la solution finale à obtenir.
L’utilisation de sachets doses favorise une préparation correcte et limite les risques liés à la manipulation des produits. Les pompes doseuses placées sur les bidons délivrent des doses variables en fonction de la vitesse et de la force de la pression exercée.
L’emploi de centrales de dilution automatique est recommandé pour réaliser une dilution correcte des produits sous forme liquide. La centrale de dilution doit faire l’objet d’un contrôle à périodicité définie.

La qualité de l’eau utilisée pour la dilution des produits de prétraitement peut jouer sur l’efficacité du produit. Les services et blocs étant rarement équipés d’eau adoucie, le produit de prétraitement doit pouvoir être utilisé en eau brute.

Les bacs utilisés pour le prétraitement sont exclusivement réservés à cet usage.

  • Ils sont munis d’un couvercle qui permet de limiter les émanations de composés organiques volatils (COV). Il existe des couvercles « tirelire » avec une ouverture aux dimensions suffisantes pour permettre l’introduction des DMR, moins protecteurs que les couvercles pleins.
  • L’utilisation d’une poissonnière ou d’un panier de lavage facilite le retrait des DMR immergés.
  • Ils sont résistants au point de vue mécanique ou chimique. Ils ne sont pas détériorés par les produits de prétraitement ni lors d’une procédure d’inactivation des prions3.
  • Ils peuvent s’intégrer à un dispositif de transport pour l’acheminement vers l’unité de stérilisation.
  • Ils doivent être de dimensions adaptées aux paniers et instruments pour permettre leur immersion totale.
  • Ils sont conçus pour pouvoir être manipulés et nettoyés aisément.
  • L’entretien manuel ou mécanisé est réalisé après chaque utilisation. Les bacs sont rincés et séchés avant stockage.
  • Le bac qui a servi au prétraitement peut être utilisé pour le transport des DMR souillés jusqu’à l’unité de stérilisation.

L’immersion complète des DMR souillés dans le bain de prétraitement à température ambiante est effectuée dès la fin de l’utilisation. Les instruments articulés sont préalablement largement ouverts et ceux comportant des lumières sont irrigués et/ou écouvillonnés. La solution de prétraitement est injectée et aspirée plusieurs fois dans les dispositifs médicaux creux afin d’évacuer toute substance pouvant faire obstacle à la pénétration complète de la solution. Un brossage des instruments est recommandé.

Dans le cas de l’utilisation préalable d’un produit corrosif (dérivés iodés,…), il est recommandé d’essuyer soigneusement les DMR concernés dès la fin de l’utilisation, en salle d’intervention. Les DMR sont manipulés avec soin, de façon à éviter les chocs et les détériorations.

Dans les blocs opératoires, les bains sont à patient unique et renouvelés après chaque utilisation. La durée d’immersion est mesurée et conforme aux recommandations du fabricant. A la fin du temps de trempage, l’élimination du bain est obtenue par vidange.
Après vidange, les DMR sont soigneusement rincés à l’eau du réseau (température inférieure à 30°). Le bac qui a servi au prétraitement peut être utilisé pour le transport jusqu’à l’unité de stérilisation. Le transport des DMR vers l’unité de stérilisation est effectué dans des conditions ne présentant aucun risque de contamination pour les personnes et pour l’environnement.

Le pré-traitement fait l’objet d’une traçabilité qui comporte au minimum les informations suivantes :

  • nom ou numéro de séjour du patient ,
  • niveau de risque du patient et de l’acte vis-à-vis du risque prion,
  • identification des instruments prétraités,
  • heure de début et de fin d’immersion,
  • identité de la(les) personne(s) en charge de cette étape.

Documents de référence

  1. Décret N° 94-352 du 4 mai (relatif à la protection des travailleurs contre les risques résultant de leur exposition à des agents biologiques)
  2. Instruction N° DGS/R13/2011/449 du 1er Décembre 2011 relative à l’actualisation des recommandations visant à réduire les risques de transmission d’agents transmissibles non conventionnels lors des actes invasifs
  3. Directive Européenne 93/42/CEE
  4. Règlement (UE) 2017/745 du parlement européen et du conseil du 5 avril 2017 relatif aux dispositifs médicaux

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