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Le prétraitement, également appelé pré-désinfection (BPPH)1 se définit comme l’ensemble des opérations précédant le nettoyage.
Le prétraitement est la seule étape de préparation des Dispositifs Médicaux Réutilisables (DMR) qui peut être réalisée en dehors de l’unité de stérilisation.

Le prétraitement répond à 3 objectifs principaux :

  1. Faciliter l’étape ultérieure de nettoyage en évitant le séchage des souillures sur le DMR.
  2. Diminuer la population de micro-organismes.
  3. Protéger le personnel et l’environnement1,2,3.

Afin d’atteindre ces objectifs, le prétraitement a lieu :

  • dès que possible après l’utilisation des DMR,
  • au plus près du lieu d’utilisation1.

Se référer au chapitre risque prion pour une description des mesures contre les risques de transmission des ATNC4 applicables au prétraitement.

Dans certaines situations, il est possible de procéder directement à un nettoyage sans prétraitement préalable des DMR. Cela est possible :

  • Si un laveur-désinfecteur régulièrement maintenu et qualifié est disponible à proximité immédiate du lieu d’utilisation des DMR1 et installé au sein de l’unité de stérilisation.
  • Si la prise en charge est effectuée dans un délai permettant d’éviter le séchage des souillures.

Le prétraitement manuel par immersion est la technique la plus fréquemment rencontrée. Les produits de prétraitement, sont des détergents désinfectants (DD), marqués CE et conformes aux normes en vigueur. Les bains sont préparés suivant les instructions du fabricant du DD dans des bacs réservés à cet effet.
Dans les blocs opératoires, les bains sont à patient unique et renouvelés après chaque utilisation. Dans les autres situations, le renouvellement s’effectue au maximum toutes les 24 heures ou dès lors que ceux-ci sont macroscopiquement souillés.

Dans le cas particulier d’instruments non-immergeables, il est conseillé d’essuyer soigneusement toutes les surfaces du dispositif avec un linge propre imprégné de la solution de prétraitement et d’écouvillonner les parties creuses si besoin.

Le prétraitement est parfois réalisé avec l’aide d’un laveur-désinfecteur dédié. Cette pré-désinfection mécanisée réalisée sur les lieux d’utilisation :

  • diminue les consommations d’eau et de produits.
  • simplifie le travail des professionnels et améliore leur protection.
  • améliore la reproductibilité du prétraitement.

Le prétraitement mécanisé est particulièrement intéressant lors d’une prise en charge retardée par l’unité de stérilisation (par exemple, tournées de ramassage des DMR ou utilisation des DMR en dehors des heures d’ouverture de la stérilisation). Le prétraitement mécanisé par les services de soins ou blocs opératoires ne dispense pas du nettoyage en unité de stérilisation .

En cas de patient suspect ou atteint de maladie de creuztfeldt-Jakob (MCJ), l’utilisation de laveur lors du prétraitement mécanisé est interdite3.

La procédure de prétraitement et de transport vers l’unité de stérilisation est établie en commun avec tous les intervenants concernés (unité de stérilisation, équipe opérationnelle d’hygiène hospitalière, utilisateurs…). La procédure prend en compte les recommandations du fabricant des DMR, du fournisseur des produits de prétraitement et la réglementation applicable.

Cette procédure de prétraitement :

  • Identifie le personnel formé.
  • Précise les produits à utiliser, la concentration et la durée de contact à respecter, les précautions d’utilisation et de manipulation, la fréquence de renouvellement du bain.
  • Indique les modalités de mise en œuvre suivant les particularités des instruments : DMR creux, de formes complexes ou fragiles, non immergeables…

Elle fait l’objet d’une validation par le CLIN et par le pharmacien responsable du système management qualité (SMQ) des DMR.
La traçabilité du prétraitement est assurée conformément aux procédures mises en place dans le cadre du Système de Management de la Qualité.

Le prétraitement en dehors des heures d’ouverture de l’unité de stérilisation, fait l’objet de procédures spécifiées.
Plusieurs possibilités sont envisageables :

  • Utilisation d’un laveur-désinfecteur proche du point d’utilisation.
  • Prétraitement, suivi d’un rinçage, d’un nettoyage manuel et d’un séchage.
  • Mise en attente dans le bain de prétraitement sous réserve que le produit de prétraitement n’endommage pas les instruments (risque de corrosion).
  • Prétraitement, rinçage et trempage dans l’eau jusqu’à la prise en charge par l’unité de stérilisation. Selon la concentration en chlore de l’eau du réseau, il peut être recommandé dans certains cas d’utiliser de l’eau déminéralisée pour éviter le risque d’oxydation.

Dans tous les cas :

  • La méthode retenue doit permettre d‘éviter le séchage des matières organiques et l’apparition de corrosion.
  • Les DMR sont ensuite nettoyés dans l’unité de stérilisation.

A l’exception du prétraitement, les opérations de préparation des DMR peuvent faire l’objet d’une sous-traitance. Dans ces conditions, la procédure de prétraitement et de transport des DMR souillés fait l’objet d’une approbation par le sous-traitant.

Prétraitement

Prétraitement manuel
  1. Trempage avec détergent-désinfectant puis rinçage
  2. Renouvellement des bains à chaque intervention (patient unique)
  3. Voir également
    le chapitre risque prion
Prétraitement mécanisé
  1. Préparation des paniers de lavage
  2. Cycle de prétraitement
  3. Le prétraitement mécanisé ne se substitue pas au nettoyage
  4. Voir également
    le chapitre risque prion
Nettoyage
(sans prétraitrement)
  1. Si prise en charge sans délai dans un laveur-désinfecteur qualifié proche du lieu d’utilisation du DMR et installé dans des locaux rattachés à la stérilisation et à la PUI
DMR
souillé
DMR
prétraité
DMR prétraité et nettoyé

Documents de référence

  1. Bonnes pratiques de pharmacie hospitalière – ligne directrice particulière N°1 – « Préparation des dispositifs médicaux stériles ». chapitre 9. Traitement et acheminement des dispositifs médicaux stériles avant conditionnement.
  2. Guide des bonnes pratiques de désinfection, Ministère de la santé, CTNIN 1998.
  3. >Décret N° 94-352 du 4 mai (relatif à la protection des travailleurs contre les risques résultant de leur exposition à des agents biologiques).
  4. Instruction N° DGS/R13/2011/449 du 1er Décembre 2011 relative à l’actualisation des recommandations visant à réduire les risques de transmission d’agents transmissibles non conventionnels lors des actes invasifs.

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